Je suis chanceux, mais rarement. Seulement quand j’entre, par pur hasard, mi-saoul mi-sobre, dans une boutique de disques usagés. Je fouille ça et là en m’efforçant de ne pas sauter une parution intéressante qui aurait pu rester collée entre deux pochettes de groupes Métal de la Rive-Sud dont les noms se terminent en voyelles grinçantes. Même si j’ai la chance de parler au caissier/propriétaire/trippeux de la place, j’attends de passer à la caisse pour le faire. Je suis bien trop concentré à chercher la perle rare à moins de dix dollars.
Ma dernière chance de la sorte avait été dans une charmante boutique de la rue St-Denis dont j’ai oublié seulement le nom, mais pas les vieilles pochettes de films d’action des années 50 où les personnages fument à chaque scène qui trainaient un peu partout. La section “Local-Francophone” étant assez mince pour se retrouver entièrement dans ma main gauche, ma droite avait eu la chance de découvrir le dernier de Vincent Vallières, paru deux mois auparavant. Je l’ai acheté parce que j’étais surpris de ma trouvaille et parce que c’est le genre d’artiste qui trainait depuis deux ans dans ma fameuse glande “je dois écouter ça un jour” située quelque part entre mon cerveau et mes gosses. Je l’ai écouté quelques centaines de fois depuis, incapable de m’écoeurer.
Ce soir, c’était au Pickup, sur Mont-Royal. La poutine Dan-Dan de la Banquise n’ayant pas réussi à combler entièrement mon trou d’affection, il ne me manquait qu’un petit disque dans sa pochette cheap en carton (qui au moins ne se pète pas comme celles en plastique). Cette fois, j’ai laissé le bonheur de la découverte à ma main gauche. Elle s’est arretée sur un âne et quelques robots, le dernier de Mahjor Bidet (La vie qui fitte avec la tapisserie), dont le lancement avait lieu il n’y a même pas une semaine et dont j’écoute les trois mp3 en boucle depuis cinq jours au bureau.

Tu sais, j’aurais pu utiliser tout cet espace pour en faire une belle critique et dire mon opinion et tout, faire comme tout le monde et te dire que ça sonne comme Malajube par bout. Mais je ne le ferai pas. Parce que je déteste écrire une critique, et même en lire, souvent. Alors je vais juste te dire que le riff de bass de la chanson “(couple) stérile et assorti” est une des choses des plus accrochantes que j’ai rencontrées de ma vie. Pire qu’Elisha Cuthbert (pas rencontrée encore…malheureusement pour elle).
“Entre deux vieux pains qu’on fait griller, un tranche de vie un peu moisie…”
- Mahjor Bidet, les mouches.
Tiens donc, moi aussi j’aime ça les jeux de mots de tranches de pains.
3 Comments
La boutique, c’est le Ren’Art Bleu. Je m’en souviens parce qu’il y a un jeu de mot sans en être un dans le nom. Vraiment chouette cet endroit, surtout quand je rentre à 2h du matin, un peu soule, et que je reste la face étampée dans la vitre à regarder un vieux film avec Fred Aster qui danse comme une machine :)
Ça me rappelle un article d’un gars sur Something Awful (qui, malgré leur cynisme qui ne démord jamais, écrivent parfois des articles intéressants) qui avait acheté 10 disques à 1$ dans une bin de magasin usagé. Il retraçait ensuite tous les bands obscurs et critiquaient chaque album un à un (il y en avait un seul de bon, si j’men souviens bien). Ça fait longtemps que j’ai envie de recopier le concept. Je vais me contenter pour l’instant de mes disques de Denis Champoux et Thierry Dimanche.
aww! ton post est encore meilleur que je me l’imaginais …
et j’ai beaucoup d’imagination, tu sais!
et maintenant, je comprends pour Elisha,
mais j’ai encore des doutes… oh que oui j’en ai!!