Babyfoot, Porter, Catamaran et Côtelettes de Porc

Fin de semaine de malade. J’en prendrais des semblables à chaque semaine.

Vendredi

D’abord vendredi, je suis sorti avec un ami que je ne vois pas assez souvent ces derniers temps. À la seconde où nous sommes entrés dans le bar, nous l’avons apperçue. Elle était seule dans son coin, doucement éclairée par l’unique spot de la place qui semblait installé là juste pour elle. Simon et moi ne nous sommes échangés qu’un subtile regard complice pour se faire comprendre qu’après avoir récupéré deux bières sans-arrière goût au bar, il nous fallait aller la rejoindre. En s’approchant, j’ai été frappé par la grâce de sa posture…à la voir ainsi à quatre pattes, je savais qu’on allait jouer au babyfoot toute la nuit. La nuit s’est terminée bien tard, à manger de la grosse poutine italienne sur mon balcon tout en calculant qu’il aurait presque été plus économique de s’acheter une table que d’avoir passé la soirée à l’engraisser de huards.

Samedi

Journée de brassage. La Côté 3 sera une belle brown Porter. Elle se situe entre le brun-foncé-foncé et le noir-pâle. Elle est née d’une base de pale malt mélangée d’une bonne quantité d’eau de la Ville de Montréal. Sa couleur et ses arômes nous viennent de malt caramel 60L, de malt brulé et de malt chocolaté. L’amertume est un heureux mélange de houblons Norther Brewer et East Kent Goldings. Il ne reste qu’à attendre que madame la levure London Ale fasse son travail avant de pouvoir satisfaire nos papilles. D’ici là, je documenterai la recette pour les intéressés, et je prends vos suggestions de noms pour son baptème. Ayez de la classe svp, en tout cas, au moins plus de classe que ce que j’en avais à écrire le premier paragraphe de ce post.

Dimanche

Dimanche, je suis allé au Lac Noir avec un ami qui m’avait invité à faire du Catamaran. Son beau-frère de 19 ans en fait depuis qu’il est jeune, il allait donc être notre pilote. Au moment de l’invitation, je n’ai aucune idée qu’il s’agit d’un catamaran de course et j’oublie qu’étant jeune, j’essayais hebdomadairement de ne pas mourir noyé par les gouttes dans mon visage lors de mon cours de natation intitulé “La Grenouille - Apprivoiser l’eau”. J’accepte donc sur le champ. Heureusement pour moi, pendant que nous préparons le bateau tout en se crèmesoleillant, aucune instruction whatsoever n’a été donnée. Ceci m’évita de me souvenir qu’avec un bon vent, un catamaran se soulève pour filer rapidement sur un seul flotteur, et qu’avec un très bon vent, le catamaram se soulève encore plus, chavire puis projète ses occupant dans la voile et sur le mat. Donc, nous embaquons gaiement. Notre pilote profite habilement de la mince brise pour nous faire dériver de la rivière au lac, en se disant qu’il nous expliquerait comment se placer une fois rendu sur le lac. Sauf que…

En arrivant sur le lac, Dieu décide d’éternuer comme on passait par là. La bourasque était bien bonne, et comme par hasard, j’étais assis du mauvais côté du bateau, ne servant à rien à contrebalancer l’engin. En 2 secondes je me suis retrouvé à l’eau, tête première par en arrière, et en ces même 2 secondes, le catamaran et ses 2 autres occupants avaient déjà parcouru 50 mêtres. Ok, 1-0 le vent! Quelques coups de bras plus tard, je suis récupéré. C’est alors que je réalise dans quoi je me suis embarqué, et je n’aime pas ça. J’ai la chienne du bateau et de son pote le vent, ils se sont mis d’accord avec le lac pour me relancer vers le chalet. Merde!

Alors on repart, moins gaiement pour moi. Notre pilote est quand même bon, c’est fou comment on accélère vite. Il nous montre comment se placer et se déplacer sur le bateeau. Alors on tente de faire des belles lignes bien rapides, sur un seul flotteur, le corps suspendu au dessus de l’eau pour contrebalancer le bateau qui s’éleve. Je m’amuse un peu, mais j’ai encore peur du catamaran. Sa voile turquoise/mauve laide me regarde et me hait, je le sens. Heureusement pour moi, une belle lecon de vie m’attend au prochain coup de vent. On réussit à accélérer et à se soulever un peu…beaucoup…pas mal….wooohhh! Trop. La voile et le mat plantent dans l’eau et on tombe du haut de nos 15 pieds, au peu partout autour de l’embarquation chavirée. Tout le monde est ok, on remonte le bateau (c’est surprenament simple et facile) et notre pilote prends le soin de résumer la leçon une fois à bord: “Bon, ben ça c’était ‘chavirer’…”.

Et curieusement, à partir de ce moment, toute ma peur se transforme en plaisir. J’ai vraiment l’impression qu’elle ne disparaît pas, mais que ce même sentiment que me foutait la trouille est maintenant la source de mon plaisir. Il s’agit simplement de voir la chose autrement. Ce qui est dommage, c’est que ça ne se fait pas consciemment. Il a fallu que j’y participe sans penser à mon affaire, et il m’a fallu une chute à l’eau et un chavirement pour faire comprendre que ce n’est pas si pire que ça. Pensez-y, peut-être êtes vous comme moi et que vous allez trouver d’autres exemples. Pour ma part, j’ai eu les même raisonnement quand j’étais jeune avec les manèges de la ronde et les grandes glissades d’eau (celles qui te remontent le costume de bain aux oreilles). Nous avons continué à faire quelques pointes, et avons eu droit à un chavirement malchanceux. Mais au lieu de me faire peur, celui là m’a un peu fait chier car je sentais qu’on aurait pu atteindre une bonne vitesse. J’ai hâte d’en refaire.

Par un heureux hasard trop long à expliquer, on finit par accoster au chalet de Nicolas, un gentil bonhomme qui a une émission de cuisine au Canal Vie et dont je ne reconnaisais que vaguement la binette. On a écouté le match avec sa famille de français et il nous a servis des kilos de grillades et de légumes succulents, le tout arrosé de champagne.

Je n’ai jamais aussi bien dormi que hier soir.

comments

8 Responses to “Babyfoot, Porter, Catamaran et Côtelettes de Porc”

  1. stephy on July 10th, 2006

    C’est toujours aussi agreable de te lire francois!!

  2. Jules on July 10th, 2006

    Bon post! C’est cool ton experience avec le catamaran, c’est vrai que des fois faut juste essayer quelque chose pour en comprendre le plaisir potentiel. Je suis pas trop trippeux de bateau moi-meme, voire que j’aime largement mieux la terre ferme, mais bon vous avez l’air a avoir eu du fun!

    Pis pour la biere…je m’excuse mais il n’y a qu’une option…la Frank Black!

  3. François on July 10th, 2006

    J’ai eu un flash en marchant tantôt. Elle pourrait s’appeler la “Métro”. C’est affreux comme nom, mais j’aimerais bien le look d’un label tout noir avec dans le centre le mot “Métro” d’écrit dans le même style que son écrit le nom des stations, blanc sur noir.

    Mais bon, la “Frank Black” ca sonne pas pire. Mais je suis encore ouvert à d’autres propositions

  4. Olivier on July 11th, 2006

    J’aime ben l’idée de l’étiquette toute noire, mais veut-on vraiment mettre un label maison soigneusement collé quand on sait qu’on va le déchirer sans remord par petits lambeaux dès qu’on aura rien à faire de la main droite?
    Normalement ce sont les tostitos pi les pretzels qui sauvent les étiquettes en nous tenant occupés, sauf que certaines personnes sans scrupules achètent des salsas fortes que personne veut manger.

  5. Nicolas on July 11th, 2006

    La Lac Noir

  6. helene on July 11th, 2006

    belle histoire! pis la bière, c’est quelques semaines? Est-ce qu’on aura droit à une inauguration en grande???

  7. François C. on July 11th, 2006

    Comme je veux lui donner pleinement le temps, ce sera un minimum d’attente de 6 semaines pour la Porter.

  8. steph on July 13th, 2006

    C’est tu moi ca l’acheteuse de salsa trop forte??

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    My name is François Côté. I live in Montreal, QC, and I've been blogging in french for a couple of years.

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